Lundi 28 octobre

Lundi 28 octobre

Nous partons avec Jean-Eric et Michel pour Dakar pour régler les formalités administratives afin d’obtenir l’exonération des droits de douane. Pour cela, il faut s’adresser aux Ministères de Tutelle.

Nous nous rendons d’abord au « bâtiment administratif » où se trouvent les Ministères. Nous demandons une audience auprès du Ministre de l’Agriculture. Une secrétaire nous informe que nous pouvons monter (5 étages, sans ascenseur !).

A l’arrivée, j’aperçois le dossier de demande d’exonération envoyé depuis la France sur le bureau, ce qui me rassure un peu. La secrétaire nous annonce que M. Le Ministre de l’Agriculture est absent car, ce jour, Madame la Premier Ministre présente le programme de politique qui va être mené dans les années à venir.

Un peu plus tard, on nous annonce que nous allons être reçus par le Directeur de Cabinet du Ministre, M. Lo. Nous entrons dans un grand bureau luxueux, présentons notre projet. Monsieur Lo nous remercie de cette action d’aide à la population sénégalaise et nous assure qu’il fera son maximum pour faciliter nos démarches.

Il nous indique que nous devons rencontrer M. Ka à la Direction des Matériels et de l’Equipement Rural ; le rendez-vous est pris pour 15h00.

Après avoir traversé une partie de Dakar, nous sommes reçus dans un luxueux bureau, où là encore j’aperçois mon dossier sur la table basse. L’inquiétude monte lorsque M. Ka nous annonce que seuls les véhicules de moins de 5 ans sont exonérés, qu’il nous faut la signature du chef de village de brousse, et que les démarches administratives que nous avons à entreprendre peuvent prendre … 2 à 3 semaines !!

J’explique que je suis accompagnée de 10 élèves et que notre séjour est court…Je lui demande de recontacter M.Lo. Après un échange téléphonique avec le Directeur de Cabinet du Ministre de l’Agriculture, je rédige un nouveau courrier de demande d’exonération de frais de douane et dans le même temps, M. Ka rédige le courrier destiné au Ministre afin d’appuyer notre demande. Ces 2 courriers seront portés au Ministère pour signature, il nous faut maintenant attendre.

Véronique Bonneau

Mercredi 30 octobre

Nous contactons la personne de l’association humanitaire, que nous rencontrons rapidement. Ce monsieur nous indique que notre démarche auprès des Ministères est la bonne mais que l’ensemble de la procédure, auprès des Douanes et du port prendra 4 à 6 semaines !!

Véronique Bonneau

Mardi 29 octobre

Par messagerie, nous apprenons que notre matériel a été proposé à une association humanitaire, suite à une erreur de saisie sur le document établi par les services de l’Armée. Où est notre tracteur ? Où est notre matériel ?

Véronique Bonneau

Jeudi 31 octobre

Jeudi 31 octobre

Jean-Eric, Michel et moi repartons pour Dakar pensant obtenir le document d’exonération. Le Directeur de Cabinet du Ministre de l’Agriculture nous annonce qu’il n’a pas le courrier, et très vite nous réalisons que rien n’a avancé depuis lundi.

M. Lo appelle le Ministère des Finances : les 2 personnes habilitées à signer le courrier, le Ministre en personne, et son Directeur de Cabinet sont absents. Le Ministre est en réunion le matin, en Conseil des Ministres l’après-midi, peut-être repassera t-il à son bureau entre les deux ; on nous demande d’attendre.

Nous attendons tout l’après-midi, jusqu’à 18h45, et repartons de Dakar sans courrier. Sur le trajet du retour, nous recevons un coup de téléphone de M. Lo nous annonçant que le courrier est signé, et que nous devrons venir le chercher le lundi matin (le 1 novembre est férié au Sénégal).

Sentiment d’abattement car même ce coup de téléphone ne suffit pas à nous rassurer.

Véronique Bonneau

Lundi 4 novembre

Lundi 4 novembre

Départ 6h30 de M’Bour en direction de Dakar, après une nuit courte et agitée. On nous a demandé d’être au Ministère de l’Agriculture pour 8h30, nous y sommes à 8h20. Première déception : le courrier du Ministre des Finances n’est pas là (l’information donnée par téléphone était donc fausse). On nous dit d’attendre. Après 2h30 d’attente, le Directeur de Cabinet du Ministre de l’Agriculture nous demande de nous rendre au Ministère de l’Economie et des Finances. Nous filons là-bas, au bureau d’une dame, occupée à surfer sur Facebook sur son téléphone portable alors que sa collègue, elle, lit le journal. Elle finit par aller chercher le courrier que nous attendions depuis plusieurs jours : la lettre d’exonération du Ministre Des Finances, nous sommes très heureux.

Nous revenons au Ministère de l’Agriculture. M. Lo nous indique que nous devons prendre contact avec M. Diémé à la Direction Générale des Douanes, mais qu’au préalable, nous devons passer à la chambre de commerce acheter 4 titres d’exonération. Les titres en poche, nous arrivons à la Direction Générale des Douanes, persuadés qu’il ne s’agit que d’une formalité.

La joie d’avoir obtenu l’exonération retombe très vite lorsqu’un employé des Douanes nous informe que la saisie sur les titres d’exonération va prendre plusieurs jours. Pour la énième fois, nous expliquons que le temps nous est compté, Jean-Eric insiste cette fois en Wolof. Nous finissons par convaincre cet homme de remplir les formulaires avant la pause, mais celui-ci nous fait comprendre que ceci mérite salaire. Autre souci, ces documents doivent être signés par le Directeur des Douanes et … il est absent ! C’est l’heure de la pause pour les administratifs, jusque 15h00.

Entre temps, nous entrons en contact avec Ronaldo, un homme qui travaille au port , pour voir si nous pouvons anticiper sur les démarches à effectuer : impossible sans la signature du Directeur des Douanes, aucune marchandise ne peut sortir du port. Il demande au policier à l’entrée du port de nous laisser entrer, nous constatons que le tracteur et tout le reste du matériel est bien là, mais un militaire nous suit à chacun de nos pas. Nous insistons une nouvelle fois sur l’urgence de la situation ; Ronaldo nous rassure en précisant qu’avec l’exonération signée, il n’y aura plus d’obstacles, et il s’engage à nous faciliter les démarches au port.
Fin de journée, retour à la Direction Générale des Douanes : le Directeur n’est pas revenu, nous n’avons pas notre document signé. Une journée de plus s’est écoulée et nous n’avons toujours pas récupéré notre tracteur.

Véronique Bonneau

Mardi 5 novembre

Mardi 5 novembre

Nouveau, départ à 6h30 pour Dakar, nous retrouvons notre chauffeur qui suit toutes nos péripéties. Arrivée à la Direction Générale des Douanes à 8h30, ouverture à 9h00, à 9h15, nous sortons avec notre document d’exonération enfin signé !

Nous apprenons que pour sortir le matériel du port, il nous faut un transit, que nous devons régler les frais de débarquement et de stockage. Nous rencontrons M. Keita, transitaire.

Nous traversons Dakar pour nous rendre aux bureaux du groupe Bolloré, où se trouvent les bureaux de la Getma, société de transit qui a pris en charge notre matériel.

Là, un employé nous dit qu’il ne peut pas sortir la facture car il lui manque le numéro de manifeste, n° de dossier sous lequel la marchandise a été manifestée, c'est-à-dire qu’elle n’appartient plus à l’Armée qui l’a livrée.

Nous n’avons aucune connaissance de ce document et ne savons pas où le récupérer, impossible de joindre nos contacts à l’Armée. L’homme se renseigne et nous envoie dans une société. Nous retraversons Dakar
Là, nous rencontrons un homme à qui nous expliquons la situation. Nous nous dirigeons vers une femme qui a entre ses mains le manifeste de l’ensemble des marchandises débarquées par le navire de l’Armée Française le 26 octobre, mais qu’elle a en sa possession depuis 2 jours seulement. Elle doit tout saisir sur informatique et je constate que notre matériel est enregistré sur la dernière ligne du document qui contient 3 pages et demies. Je supplie l’homme de nous donner le numéro dont nous avons besoin. Il nous demande de retourner en salle d’attente, et, un peu plus tard, revient avec le numéro.

Nous retraversons Dakar pour rejoindre les bureaux de la Getma. C’est l’heure de la prière, nous devons attendre le retour de l’employé. La facture est éditée, puis réglée. M. Keita nous a rejoint pour récupérer les documents afin de gagner du temps, il doit retourner à son bureau pour les remplir mais avant de partir il demande un bakchich, que Jean-Eric négocie à la baisse. Il est alors 15h00.
De notre côté, nous retraversons Dakar pour nous rendre au port, point de rendez-vous avec M. Keita, afin de récupérer les documents remplis. Nous savons que les services des douanes ferment à 17h00, M. Keita revient à 16h55, annonçant qu’il n’a pas eu le temps de préparer les documents. Nous avons l’impression qu’il n’a pas fait le travail volontairement, faute de ne pas avoir obtenu le bakchich demandé.

Une fois encore, nous sommes écœurés, abattus ; une autre journée passée à Dakar, de bureaux en bureaux, ayant traversé Dakar 6 fois, et nous ne pouvons pas sortir notre matériel : nous sommes à la veille de notre retour en France.
M. Keita nous dit que si nous avons le document le lendemain matin, le matériel pourrait être sorti dans la journée. Son air et son sourire en coin nous agacent, mais nous n’avons pas le choix : l’issue est entre ses mains. Je monte le ton cependant en insistant sur la signification du « si » et l’usage du conditionnel dans la langue française, pour lui signifier notre exaspération. Nous rentrons à Dakar, désormais nous savons que nous ne pourrons pas faire la formation à Louly, mais notre mission du dernier jour sera de faire sortir le matériel du port à tout prix.

Véronique Bonneau

Mercredi 06 novembre – Journée cruciale !

Mercredi 06 novembre – Journée cruciale !

Nous partons de M'bour Jean-Eric, Michel et moi-même (Raymond) pour arriver à Dakar pour 10 H.
Après avoir contacté Keita, nous apprenons que le dernier document demandé (autorisation de sortie du port) est enfin finalisé.

Après un nouveau bakchich pour entrer dans le port, nous retrouvons Keita et Ronaldo. Mais là, nouvelle déception. Le chargement n'est pas possible car il faut récupérer une équipe de dockers et un transporteur équipé d'un porte-char.
Midi arrivant, nous sommes allés manger dans un « restaurant-garage » du centre ville pendant que la voiture de Jean-Eric était en révision.

Brusquement tout se précipite. Un coup fil nous informe de nous rendre le plus rapidement possible au port car le chargement doit commencer mais ils ne connaissent pas le mode opératoire de mise en route du tracteur. Michel et moi prenons un taxi « local » pour rejoindre le port car l'entretien de la voiture de Jean-Eric n'est pas fini.

Nous chargeons le tracteur sur le porte-char.

Après avoir retrouvé l'ensemble des équipements et des différentes caisses et colis, nous assistons à leur chargement par l'équipe de dockers et les transporteurs.
Entre temps, Jean-Eric nous a rejoint et négocie avec Ronaldo et Keita le bakchich pour cette manutention pour un montant inférieur au montant officiel qui ne nous sera pas facturé. (Bakchich pour une fois en notre faveur).

Le chargement est très lent (un véritable jeu de tétris!) et aussi du fait du cariste qui doit être insatisfait de sa part du bakchich.

Soudain, Keita nous informe que le camion doit être impérativement sorti du port avant 17 H et à 16 H 50 le camion démarre pour rejoindre le bureau des douanes pour la sortie.

Nous suivons le camion en espérant que rien ne tombe car le chargement n'est pas encore arrimé. Le douanier, après avoir passé trente secondes à vérifier l'ensemble du dossier, nous fait signe de sortir.

Quel soulagement, mais en même temps un sentiment d'échec, car les élèves ne pourront pas former la population à l'utilisation et l'entretien du matériel car c'est le jour du départ.

Jean-Eric devant chercher des membres de son association à l'aéroport, nous l'accompagnons sans attendre l’arrimage du chargement. Par la suite, nous apprendrons que le camion est arrivé au village de Louly à 1 H du matin, soit 8 H pour faire une centaine de km au lieu de 4 H estimées (suite à une panne du camion).

Vers 21 H, le reste de l'équipe nous rejoint à l'aéroport, où nous nous restaurons et passons la douane, les élèves voulant profiter de la zone duty free pour faire des achats.

PS : les sanitaires de l'aéroport international sont dans un état exécrable. Il n'y a plus d'eau depuis une semaine.

A 23 H 30, nous embarquons pour un vol de nuit de 5 H 30, comprenant un repas et un petit-déjeuner. Bref, un sommeil court et morcelé.

Raymond Le Gall

Lycée Henri Avril : nv

Nous chargeons le tracteur sur le porte-char.

Après avoir retrouvé l'ensemble des équipements et des différentes caisses et colis, nous assistons à leur chargement par l'équipe de dockers et les transporteurs.
Entre temps, Jean-Eric nous a rejoint et négocie avec Ronaldo et Keita le bakchich pour cette manutention pour un montant inférieur au montant officiel qui ne nous sera pas facturé. (Bakchich pour une fois en notre faveur).

Le chargement est très lent (un véritable jeu de tétris!) et aussi du fait du cariste qui doit être insatisfait de sa part du bakchich.

Soudain, Keita nous informe que le camion doit être impérativement sorti du port avant 17 H et à 16 H 50 le camion démarre pour rejoindre le bureau des douanes pour la sortie.

Nous suivons le camion en espérant que rien ne tombe car le chargement n'est pas encore arrimé. Le douanier, après avoir passé trente secondes à vérifier l'ensemble du dossier, nous fait signe de sortir.

Quel soulagement, mais en même temps un sentiment d'échec, car les élèves ne pourront pas former la population à l'utilisation et l'entretien du matériel car c'est le jour du départ.

Jean-Eric devant chercher des membres de son association à l'aéroport, nous l'accompagnons sans attendre l’arrimage du chargement. Par la suite, nous apprendrons que le camion est arrivé au village de Louly à 1 H du matin, soit 8 H pour faire une centaine de km au lieu de 4 H estimées (suite à une panne du camion).

Vers 21 H, le reste de l'équipe nous rejoint à l'aéroport, où nous nous restaurons et passons la douane, les élèves voulant profiter de la zone duty free pour faire des achats.

PS : les sanitaires de l'aéroport international sont dans un état exécrable. Il n'y a plus d'eau depuis une semaine.

A 23 H 30, nous embarquons pour un vol de nuit de 5 H 30, comprenant un repas et un petit-déjeuner. Bref, un sommeil court et morcelé. p

Raymond Le Gall

Jeudi 7 novembre

Alors que nous attendons nos valises, nous recevons un coup de téléphone de Gilles Quéhé et Roland Gilot, venus nous chercher à l’aéroport. Partis la veille de Bretagne, ils sont tombés en panne sur la route les menant à Paris, les obligeant à laisser le minibus sur place.

Ils nous demandent de les rejoindre dans les sous-sols de l’aéroport, là où se situent toutes les agences de location de véhicules.

Nous les rejoignons et les saluons, puis nous chargeons les bagages. C’est à ce moment que Raymond Le Gall remarque l’absence de son sac à dos : il a été volé dans ce court moment. C’est la panique, Raymond n’a plus de papiers, mais pour nous le pire, c’est que le reste du budget, à savoir un peu plus de 2000 euros, se trouvait également dans ce sac.

Alors que nous étions épuisés physiquement et moralement, ce dernier incident nous achève. Roland Gilot part avec un premier groupe d’élèves en direction de la Bretagne. Gilles Quéhé, Raymond et moi-même nous rendons au poste de police de l’aéroport pour la déclaration du vol ; 3 heures de déposition et 75 euros de parking à la sortie ! Nous rentrons en Bretagne sous une pluie battante, arrivée 18h00 au lieu de 13h00.

Raymond Le Gall