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« L'utilité de l'inutilité... » Léna dans Ouest-France

Le regard de Léna. La lycéenne d'Henri-Avril nous parle de temps, de sensibilité, dans un monde qui va toujours plus vite.

Le premier homme [...] qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l'état animal ; il comprit l'utilité de l'inutile » a déclaré Okakura Kakuzo dans Le Livre du thé. Dans une société semblant tout miser sur la vitesse et le rendement, cette phrase nous rappelle que l'inutile nous rend capable de sensibilité. Cette suprématie de l'utile s'illustre entre autres dans l'éducation et la littérature.

Éducation, dont le niveau ne cesse de baisser. Mais apprend-t-on aux élèves à « aimer » le savoir ? On peut parler de bourrage de crâne, on rentre dans le programme, et on en oublie le plaisir que la connaissance peu nous procurer. De plus, en Italie, une réforme sanctionne les universités n'ayant pas diplômé la totalité de leurs étudiants. Les écoles sont-elles vouées à devenir des entreprises à la chaîne dont le seul but est de pousser leurs étudiants dans la vie active ?

« Avant, un libraire partageait vos lectures »

De même, en littérature, les élèves analysent des extraits de classiques sans jamais les lire dans leur intégralité. Comment pourraient-ils, dès lors, en être émus ? Dans les librairies, les seuls livres qui nous sont offerts à la vue sont les succès récents et éphémères. Les grands classiques et les petits auteurs restent dans l'ombre. Avant, un libraire partageait vos lectures et en discutait, de nos jours, avec la multiplication des espaces comme la Fnac ou Amazon, nous perdons ce rapport humain.

Dans un monde qui s'accélère, où trouver le temps de contempler le ciel ou de cueillir une fleur ?

Utile ou inutile, donc, de lire ou de relire, L'utilité de l'inutile de Nuccio Ordine. »

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